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Compétence en langue étrangère et compréhension
de texte des étudiants en mobilité internationale
Abstract
Depuis les années 1980, la mobilité des étudiants
en Europe se développe à grande vitesse, avec pour premier
objectif la poursuite des études disciplinaires, mais en l'occurrence
— et en deuxième objectif — dans une autre langue et dans une autre
culture. Qu'en est-il, après une quinzaine d’années, de la
qualité de ces échanges sur le plan académique ? Pour
analyser la réussite académique des étudiants en mobilité,
il faut évidemment prendre en compte des variables individuelles
d’ordre affectif et circonstanciel, mais également celles qui sont
propres à chaque culture universitaire ou à chaque discipline,
ainsi que celles d’ordre cognitif. Parmi celles-ci, la compétence
en langue étrangère joue, évidemment, un rôle
clé, de même que dans une mesure variable selon les différents
contextes universitaires la maîtrise de la lecture en langue étrangère.
L'étude concerne un échantillon d'étudiants
en mobilité internationale en Droit et en Sciences économiques
(français, anglais/irlandais, espagnols, allemands, n = 102), et
met en rapport les résultats aux tests de compétence linguistique
et de compréhension de texte en langue étrangère (L2,
anglais et français) et l'approche stratégique mise en oeuvre
lors de la lecture (reflétée par un questionnaire). Des travaux
antérieurs font état, chez des étudiants français
en deuxième année d'université, de profils cognitifs
caractéristiques de lecteurs efficaces et inefficaces en L2 et d'une
corrélation très forte entre le niveau de compréhension
de texte en L2 —le produit de la l'acte de lire— et l'approche stratégique
—le processus.
Certains comportements identifiables reflètent différents
traitements ou processus mentaux mis en oeuvre, consciemment ou non. Par
exemple, un "bon lecteur" tend à chercher à lier des informations
entre partie du texte et une autre et à deviner des informations
à venir, alors qu'un "mauvais lecteur" laisse courir en traitant
le texte mot à mot. Devant un mot inconnu, un lecteur efficace décidera
d'abord si le mot est important, et si oui, cherchera par divers moyens
(contexte, analyse morpho-syntaxique...) à résoudre le problème,
n'ayant recours au dictionnaire qu'en dernier lieu. Un lecteur inefficace,
au contraire, soit prendra le dictionnaire tout de suite, soit abandonnera
dans un état d'échec.
Environ 40 stratégies de lecture concernant l'approche
de la compréhension globale et de la résolution de problèmes
sont analysées de manière à présenter une modélisation
de la composante stratégique en compréhension de texte en
L2. Trouvera-t-on d’abord des profils stratégiques qui confirment
le tableau déjà brossé ? L’image sera-t-elle analogue
entre des étudiants venant de traditions scolaires et universitaires
différentes, notamment au niveau de la priorité donnée
à l'enseignement des langues et au rôle attribué à
la lecture dans les études ("les Français sont mauvais en
langues" entend-on...) ? La corrélation entre la compréhension
de texte en L2 et l'approche stratégique déjà constatée,
se confirmera-t-elle ? Enfin, verra-t-on un lien entre les résultats
universitaires obtenus à la fin du séjour à l'étranger
et la performance en L2 (compréhension et approche stratégique)
mesurée en début d'année ? Des différences
significatives apparaîtront-elles selon les pays d'origines ? Des
retombées didactiques pourront-elles être proposées
pour mieux préparer les étudiants en mobilité, éventuellement
en tenant compte de leur culture scolaire-universitaire particulière
?
| Création:
8.10.99
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