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0. INTRODUCTION
Cette recherche initiée en 1997 a pour objectif de comprendre
comment des apprenants adultes universitaires hispanophones et/ou catalanophones
en milieu guidé s’approprient la syntaxe négative du français.
Les résultats de l’étude pilote ont été présentés
en 1999 au colloque international “Usages pragmatiques et acquisition des
langues étrangères” (Paris, 19-21 avril 1999). Je contrastais
alors les itinéraires d’appropriation de la négation en milieu
guidé et non guidé en m’appuyant sur les travaux menés
par Stoffel &Véronique (à paraître). Au colloque
“L’appropriation d’une langue seconde en milieu guidé” (Bruxelles,
24-26 août 2000) j’ai essayé de préciser quand et comment
émerge la grammaire chez 3 apprenants hispanophones tout au long
de 250 heures de cours.
La communication que je propose aujourd’hui repose sur des données
qui recouvrent à présent 300 heures de contact avec la langue
cible. Je recueille et intègre ce qui à déjà
été présenté lors de communications antérieures
en me centrant davantage sur un aspect didactique puisqu’il s’agit de valorer
le travail d’appropriation à travers les pratiques communicatives
proposées par les enseignants.
1. CADRAGE THÉORIQUE
Perdue&Vasseur (1998) conçoivent “l’activité cognitive,
interne, et l’activité sociale, externe” comme les “deux faces d’une
seule et même activité, l’activité langagière.”
ou “ l’aide ou étayage du partenaire plus expert, cadre et soutient
les efforts du non-expert pour accomplir la tâche mais aussi pour
acquérir “ (c’est moi qui souligne).
Mais de nombreux auteurs remettent en question le rôle de l’interaction
orale dans le travail d’appropriation du langage. Ainsi Dausendschön-Gay
(1997) à l’instar de Matthey (1996) reconnaît qu’il est difficile
de prouver un rapport direct entre le développement de l’interlangue
d’un individu et l’intensité de ses activités “potentiellement
acquisitionnelles”. Selon Dausendschön-Gay (1997:29) “Ce que les candidats-apprenants
apprennent, c’est à développer des méthodes qui leur
permettent de prendre dans l’interaction exolingue le rôle d’un interactant
autonome”.
Nussbaum, Tusón & Unamuno (1999) relativisent pour leur
part la valeur du travail de groupe entre apprenants et la structuration
en tâches de l’apprentissage linguistique - courant pédagogique
actuellement puissamment défendu dans les milieux anglo-saxons (Long,Skehan)
- et démontrent comment les apprenants éludent solidairement
le traitement des problèmes de langue afin d’accomplir au plus simple
la tâche donnée.
Cependant, il est vrai que le concept de Séquences Potentiellement
Acquisitionnelles (de Pietro,Matthey&Py:1989) ou de Second Language
Acquisition Support System (Bruner:1983; Krafft&Dausendschön-Gay:1994)
ont concerné essentiellement l’acquisition du lexique et Jeanneret&Py
(1999) on tenté récemment d’élargir ce concept à
l’acquisition de la syntaxe. Les auteurs identifient des schémas
communicatifs où l’on peut voir fonctionner des transmissions de
connaissances syntaxiques. Ils développent notamment la notion de
coconstruction et de coénonciation qui exigent “que l’on se donne
un champ d’observation qui excède la singularité d’un tour
de parole.”
De manière également à consolider la pertinence
des notions de SPA et de SLASS, Dausendschön-Gay (1997:30) suggère
d’étudier longitudinalement le développement des méthodes
interactives qui sont utilisées pour gérer ou pour contourner
les problèmes linguistiques de la communication exolingue et propose
de conjuguer des méthodologies acquisitionnelles, l’analyse du discours
et des rétrospectives dans un contexte de recherche longitudinale
en intégrant “une précision importante entre acquisition
à court terme (réemploi immédiat d’une nouvelle unité
saisie dans l’interaction), à moyen terme (réemploi libre
d’une nouvelle unité du discours plus tard dans l’interaction) et
à long terme (production verbale d’une unité acquise auparavant
de façon itérée et stable)”.
C’est sur ces bases que je formule l’objectif de recherche ci-dessous.
2. LA QUESTION DE RECHERCHE
En exploitant un corpus où il est possible de croiser des données
synchroniques d’interaction verbale où l’on voit notamment se développer
des Séquences Potentiellement Acquisitionnelles portant sur la (co-)construction
d’énoncés négatifs, avec des données diachroniques
d’appropriation de la morphosyntaxe négative du français
peut-on apréhender la nature du lien entre l’appropriation grammaticale
chez des apprenants adultes universitaires et les occasions de dialogue
ménagés par l’enseignant ?
3. LES DONNÉES
Les données ont été recueillies à Esade
qui est une université privée spécialisée dans
la formation de dirigeants d’entreprise. Les programmes d’apprentissage
des langues étrangères incrits dans les cursus sont éminemment
fonctionnels et orientés sur le monde des affaires. Les 3 étudiants
du corpus sont âgés de 24 à 28 ans, ont tous au minimum
un bac + 4 et ont choisi d’étudier le français dans le cadre
d’un master en gestion d’entreprise (Master in Business Administration).
Leur objectif est d’acquérir un niveau de langue suffisant pour,
notamment, mener des négociations d’affaires dans la langue cible,
objectif qui suppose, à terme, le développement d’une bonne
compétence tant linguistique que sociolinguistique. Les cours, quotidiens,
durent deux heures trente, ce qui représente douze heures trente
hebdomadaires d’enseignement/apprentissage. Deux enseignants se relaient
du lundi au vendredi. La méthodologie communicative intègre
néanmoins un enseignement grammaticale explicite.
La collecte des données a eu lieu tout au long de la période
d’enseignement/apprentissage au rythme d’un enregistrement par semaine.
Les séquences enregistrées correspondent à des activités
de communication en ce sens que les consignes et la tâche à
accomplir ne concernaient jamais les formes linguistiques.
A la fin de la période d’observation, les étudiants avaient
atteint un niveau que l’on peut qualifier de “post-basique”, c’est-à-dire
caractérisé par l’émergence de la distinction entre
verbe fini et non fini (Klein & Perdue, 1993)
4. LES DONNÉES DIACHRONIQUES: ITINÉRAIRES D’APPROPRIATION
DE LA NÉGATION SUR 24 SEMAINES
A présent je vais présenter une synthèse des itinéraires
d’appropriation de la syntaxe négative suivis par trois apprenants
(JGO, JAR et PAB) au cours de 24 semaines de contact avec la langue cible
(300 heures de cours).
Itinéraire de développement de la négation chez
JGO
? les premières négations de JGO s’illustrent dans des
expressions figées (chunks) dont la syntaxe négative est
conforme en surface à la langue cible;
? dès la cinquième semaine des structures du type NE+VERBE
cohabitent avec les expressions figées.
? à partir de la semaine 10, une négation NE+VERBE+PAS
s’instaure. Ces structures sont analysées comme le montre l’abondance
des traces métalinguistiques entourant leur énonciation (Royer:2000).
? les données de la semaine 13 suggèrent un conflit entre
les deux structures NE+VERBE+PAS et NE+VERBE;
? autour de la 18ème semaine on constate un essor de la flexion
verbale (diversification des verbes des personnes et des temps) parallèlement
à la prépondérance des négations analysées
NE+ VERBE + PAS;
? à partir de la semaine 21, les efforts conscients de JGO pour
ne plus omettre PAS en position postverbale sont signalés par la
profusion des traces verbales de reformulations masquées (Levelt
: 1989; Bange&Kern: 1998) et en particulier par l’accentuation de PAS:
(semaine 22 ) je ne suis {(M) SÛR- m | je ne suis {(M) PAS sûr
(semaine 22) je ne [kone] je ne [kone] \| {(M) PAS cet euh jeu
? Cette tension conduit l’apprenant à surgénéraliser
l’usage de PAS en même temps que surgissent de nouvelles valeurs
négatives ( jamais; ne-plus) comme l’attestent les productions de
la semaine 24:
je ne [dire] pas jamais
le cadre de de le entreprise \ hum ne [funksion] pas::: pas encore
comme comme il était avant
c’est un manière un manière de | de-de::: || de de de
n’avoir {(M) PAS une | une augmentation
En résumé, il est indéniable que ce long travail
d’appropriation de la syntaxe négative est accompagné chez
JGO du développement de la flexion verbale qui se traduit par l’addition
de plus en plus fréquente de nouveaux verbes à son répertoire,
de tentatives de plus en plus nombreuses pour conjuguer à d’autres
personnes d’autres temps, et d’autres modes des verbes portant attestés
depuis les premières semaines de l’apprentissage :
(semaine 18) si nous ne::: || nous ne pouvons pas | si nous ne pouvons
pas dire | notre ::: proverbe...
(semaine 22) une famille aisée une famille aisée c’est
un {(DC) un:: famille::: | que::::n n’a pas || (d’) problèmes
(semaine 23) je ne [kone] pas une::: | une::: || je ne {(M) [koneSE]
non | je ne {(M) [koneSE] pas une une une swatch avec un || alarme
(semaine 23) ils ils:: sont les premiers intéressés |
en que cette information ne:: u ne::: ||| ne ne:: | ne::: pas euh || soit
pas::::: || hum massif | ne soit pas massif
Itinéraire d’appropriation de la négation chez JAR
? comme pour JGO, les premières négations de JAR s’illustrent
dans des expressions figées (chunks) dont la syntaxe négative
est conforme en surface à la langue cible;
? la semaine 10 offre une image confuse; le même verbe est réalisé
dans des structures négatives de nature différente: figées,
analysées et préverbales.
? la situation décrite pour la semaine 10 se maintient
en fait jusqu’à la semaine 20. Cependant, la fréquence des
structures négatives analysées et préverbales augmente
parallèlement à un petit nombre croissant de verbes distincts.
? la semaine 20 est remarquable également pour la présence
unique dans tout le corpus d’un PAS devant un verbe sans doute à
l’infinif (donc non fléchi)
? les données recueillies la vingt-deuxième semaine,
au retour des vacances, montrent un usage en concurrence de PAS et
NON devant un syntagme nominal. L’apprenant hésite entre l’un et
l’autre dans le même énoncé. PAS semble être
devenu une puissante marque de négation dans le répertoire
de JAR au point de se substituer parfois à la négation anaphorique
NON pourtant en place depuis l’origine:
pas nom | pas
Ainsi PAS envahit tous les types de négations réalisés
cette semaine-là. Si les énoncés sont ponctuellement
divergents de l’usage natif on peut cependant arguer que l’apprenant partage
à présent la sensibilité native qui perçoit
PAS comme l’élément négatif d’un syntagme verbal.
? la semaine 23 vient confirmer cette tendance de JAR à privilégier
PAS comme particule négative et l’on soupçonne l’auto-censure
d’un PAS préverbal :
mais les professeurs c’est les premiers [ke] pas:::
[vu pa] | vous || vous savez pas ...
Ce qui caractérise donc l’interlangue de JAR à ce moment
de son apprentissage, c’est une grande instabilité de son paradigme
négatif. L’usage de PAS prédomine mais dans des réalisations
encore fortement idiosyncrasiques et JAR s’appuie beaucoup sur certaines
expressions figées (13 occurrences de [sepa] semaine 23)
Itinéraire d’appropriation de la négation chez PAB
? lors des cinq premières semaines, outre l’usage de NON, PAB
s’appuie essentiellement sur des expressions figées pour exprimer
la négation;
? les toutes premières négations analysées et
préverbales apparaissent à partir de la semaine 6 et cohabitent
avec des expressions figées;
? Cette situation de cohabitation des trois structures négatives
se maintient jusqu’à la semaine 16;
- les semaines 18 et 19, au retour des vacances d’été
, sont caractérisées par un recours plus important aux expressions
figées;
? la semaine 20 offre un profil similaire aux semaines précédant
l’été. On remarque cependant davantage de négations
préverbales.
- l’instabilité, la variabilité des données collectées
lors des semaines suivantes permettent de dégager la règle
sous-jacente que l’apprenant cherche à appliquer pour construire
ses énoncés négatifs:
(semaine 21)
pourquoi est-ce que\{(DC) vous: [na::] commandé | {(M) PAS \
eh:: depuis longtemps...
vous vous n’avez pas || vous [na] [na] commandé {(M) PAS\ euh::
pour notre entreprise
Chez PAB comme chez JGO on constate que l’itinéraire d’appropriation
de la syntaxe négative du français est caractérisée
par des traces de plus en plus nombreuses d’activités réflexives
et s’accompagne d’un essor de la flexion verbale en ce sens que l’apprenant
introduit de nouveaux verbes à son répertoire et devient
progressivement capable de conjuguer des verbes attestés depuis
les premières semaines à d’autres personnes et à d’autres
temps ou mode verbaux.
5. DISCUSSION : SÉQUENCES COÉNONCIATIVES ET APPROPRIATION
J’ai pu constater à mesure que je transcrivais mes données
la présence croissante de séquences où les apprenants
se détournaient de leur objectif communicatif et de la tâche
donnée afin de co-construire un énoncé.
Ainsi dans la séquence suivante, les deux apprenants PAB et
ALA travaillent ensemble à la formulation d’une phrase négative:
( semaine 11: PAB)
2122. PAB très bien \ “les squatters ont raison de s’installer
dans des propriétés inoccupées “ | propriétés
inoccupées/ || qu’est-ce que c’est le: les squatters /
2123. ALA(NEG) je pense que c’est les gens qui:: qui n’a pas:: un maison
|| que que qui habitent:: dans les rues || (je [ne] pas sûre)
2124. PAB(NEG) non je pense que ils sont:: || gens xxxxx | qui
habitent || à la::: | à la maison qui::: || il
n’y a pas:: || gens \
En 2128 PAB thématise la difficulté de manière
implicite à travers des reformulations masquées (répétitions,
allongements syllabiques, pauses etc.) et explicitement en recourant à
la L1 (“¿cómo es?” = comment c’est ? ). Sa partenaire tente
à son tour différentes formules dont la dernière est
reconnue sans hésiter comme la meilleure par PAB (§”eso” =
c’est ça !) qui cherche alors à la reprendre sans y parvenir
tout de suite, demande à sa partenaire du temps (“espera!” = attends!)
essaie de nouveau, se trompe encore juste avant de formuler l’énoncé
souhaité. Et sans transition, les deux apprenants poursuivent leur
discussion à propos des squatters.
De même, l’échange entre JAR et le groupe lors de la semaine
18, est protypique :
(JAR: semaine 18)
3400. P (357) ... à vous !
3401. JAR(NEG) euh euh [kuã] euh [?na] situation/ {(VB) situation
tous la personne | euh:: | [pa] euh:: | [n? pa] [n? pa pa feR] [n?
pa] faire | [n? pa feR pa /] {(VB) “no pueden hacer “ | il il | ils
ne = [pua]=
3402. P =TIM !=
3403. TIM(NEG) ne pas faire
3405. JAR(NEG) ne [pœ] faire ((silencio y añade)) {(M) PAS
3407. ALT(NEG) ne peut pas faire
3408. P(NEG) xx[pœ] pas faire mais c’est au pluriel /
3409. JAR oui
3410. JGO(NEG) ils ne [puvõ]
3411. ALT(NEG) ils ne [pœ] pas faire
3412. JGO(NEG) non
3413. ? ((en voz muy baja)) xx Antonioxx
3414. ALT ah ah ! | [ils]
3415. JGO ils
3416. ALT [ils]
3418. ANT qu’est-ce que (j’ai de dire /)
3419. TIM ((se ríe))
3420. JAR(NEG) ils ne §
3421. P § eh ! c’est le mois prochain que vous partez en voyage
!
3422. JAR(NEG) ils ne [puRõ] / non \ il ne-
3423. TIM il est il est sorti!
3424. P il est parti déjà ! | où êtes-vous
là à Bruxelles déjà ?
3425. ANT(NEG) non non je [pãse] à l’exam de:::
3426. P ay ay ay ay vous pensez à l’examen de cet après-midi
?
3427. ANT oui
3428. P(NEG) hum bon | ils ne /
3429. ALT [puR]
3430. P peuvent
3431. JAR(NEG) [pøv] >
3432. JGO peuvent
3433. JAR(NEG)> pas | faire |
3434. ALT ah ah! si \
Ce passage est extrait d’une séquence où l’apprenant
JAR en essayant d’expliquer la signification d’un proverbe se heurte soudain
à la double négation du français. Lui-même signale
sa difficulté par une traduction à voix basse de l’énoncé
(“no pueden hacer” = ils ne peuvent pas faire). On voit alors comment les
cinq autres participants, guidés par l’enseignant (P), se mobilisent
pour l’aider à formuler sa phrase. Le groupe a rencontré
un écueil formel qu’il résout de manière satisfaisante
(ah ah! si \) avant de poursuivre.
L’observation de ces phénomènes suggèrent deux
réflexions:
Tout d’abord, l’émission d’un énoncé jugé
conforme (et conforme en fait!) s’est étendu sur plusieurs tours
de paroles et a impliqué la coopération des destinateurs
et destinataires du message. Du point de vue théorique, il devient
difficile (et guère pertinent) de comptabiliser les occurrences
d’énoncés négatifs car leurs réalisations oscillent
du tour de parole à la séquence coénonciative. Il
est par contre nécessaire d’intégrer dans le champ d’étude
les phénomènes d’instabilité synchronique inhérente
à l’appropriation d’une L2 afin d’en comprendre le procès
(Ellis:1994). La classique opposition entre compétence et performance
n’est pas fonctionnelle dans cette perspective puisqu’ elle décrit
la langue déjà acquise.
D’autre part, considérant la question que je formulais en 2,
on peut se demander ce qui motive les apprenants adultes universitaires
en milieu guidé qui de surcroît partagent la même L1
à se lancer volontairement dans des échanges de cette nature
si ce n’est l’appropriation de la L2. En effet l’objectif communicatif
est assuré dès le début de la séquence et l’attitude
des apprenants montre qu’ils ne cherchent pas à s’acquitter au plus
vite de la tâche. En fait, l’échange leur permet de développer
leurs représentations (phonologique pour JAR et syntaxique pour
PAB). Ce phénomène est très saillant dans la première
séquence ou PAB sait exactement ce qu’il veut obtenir et cependant
échoue plusieurs fois.
Cependant ces énoncés patiemment coconstruits, potentiellement
acquisitionnels ne s’étaient toujours pas traduit par une appropriation
13 semaines plus tard pour PAB (soit 175 heures de cours plus tard) et
5 semaines plus tard pour JAR (= 75 heures plus tard), ni faisaient l’objet
alors d’une coénonciation. Seules subsistaient quelques traces verbales
d’activité cognitive:
(PAB semaine 24)
5592. PAB(NEG) hum ||| et pour exemple euh:: euh:: je pense que:: pour
ces ces gens que:: que [travaje] || plus euh:: que que les les gens qui
[travaje] à temps partiel | euh:: ils ilsss ne:: [navõ] pas::
de {(M) TEMPS | euh je crois que c’est bonne idée pour:: pour ce
pour pour celles / pour ceux /| euh:: ouvrir les:: [se] établissements
| euh le dimanche le dimanche \|| (peut-être)
(JAR (semaine 23)
Encore une fois, il serait une erreur d’évaluer le potentiel
acquisitionnel de ces séquences seulement au moyen d’unités
discrètes. L’enjeu est plus complexe puisqu’il s’agit de s’approprier
le système de la négation étroitement lié au
concept de finitude. Comme je l’ai déjà décrit en
4, il y a globalement appropriation de la morphosyntaxe négative
et développement de la flexion verbale, le tout caractérisé
par une activité cognitive croissante. Or les SPA offrent des espaces
privilégiés d’élaboration de la réflexion métalinguistique.
6. CONCLUSIONS:
Appropriation en milieu guidé
Ce qui caractérise l’appropriation de la négation du
français en milieu guidé chez des apprenants adultes universitaires,
c’est un souci précoce pour la forme linguistique et un mouvement
général vers une grammaticalisation comme le démontre
l’abondance des activités de reformulation qui entourent l’énonciation.
Les apprenants dans ce contexte pensent la forme, et celle-ci tend à
s’aligner sur la norme écrite .
Interaction et appropriation
On ne peut pas évaluer l’apport des activités dialogiques
et la valeur acquisitionnelle des SPA en se situant hors d’une conception
de l’appropriation langagière qui englobe l’activité cognitive
interne et son corollaire social : la parole. Par ailleurs, si l’objet
d’étude est l’appropriation d’un trait morphosyntaxique complexe
comme la négation, il faut alors se maintenir rigoureusement dans
un paradigme dynamique qui tient compte des phénomènes d’instabilité
synchronique et de variabilité diachronique observables à
travers la prise de parole. C’est ainsi l’ensemble du procès et
non son produit que l’on voit se manifester. En effet, comme le souligne
Daniel Véronique (1997:20) “la relation entre communication, représentation,
et appropriation n’est pas immédiate” mais les occasions de
négocier la forme linguistique comme cela se produit dans les SPA
aiguise la conscience métalinguistique des apprenants et en ce sens
participe au procès global d’appropriation tel qu’il se déroule
en milieu guidé.
7. BIBLIOGRAPHIE
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la négation en milieu guidé “, communication présentée
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(Paris, 19-21 avril 1999).
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et essor de la flexion verbale: une étude longitudinale en milieu
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en milieu guidé, Bruxelles, 24-26 août 2000.
STOFFEL, Henriette & VÉRONIQUE, Daniel (à paraître)
: “L’acquisition de la négation en français par des adultes
arabophones” in Véronique, D. (éd): La négation...
Sorbonne III.
VÉRONIQUE , Daniel (1997): “Remarques sur les activités
communicatives en L2 et les activités cognitives d’appropriation
linguistique”, CALaP,15, 9-24.
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