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proposition de communication au IIIe colloque
de la COFDELA : « Linguistique appliquée et cognition »
(27-28 octobre 2000, Université d’Avignon)
thématique 2 : Point de vue linguistique
titre de la communication proposée :
« Intonations syntaxiques et pragmatiques
en français communicatif »
La prosodie, dans l’enseignement du français
aux étrangers, représente une approche de la langue à
la fois difficile et indispensable.
Indispensable car, à l’oral spontané,
ces marques sonores structurent la phrase et/ou le texte et le constituent
ainsi en message. Mais ils se répartissent en deux séries
: les uns, appelés : schémas intonatifs syntaxiques1, relaient
ou même remplacent les marqueurs syntaxiques présents dans
les mots du discours2. Les autres contribuent au sens pragmatique du message
de l’énonciateur et font partie des signes vocaux3 : ils complètent,
contredisent, infléchissent le sens sémantique de l’énoncé4.
Les Svoc qui possèdent un développement syntagmatique sonore
se réalisent - entre autres indices acoustiques - avec un schéma
intonatif5, donc comme les SISy.
Difficile parce que ces deux types de schémas
intonatifs sont rarement décrits avec clarté dans les ouvrages
destinés à l’enseignement du français aux étrangers
; ils apparaissent souvent à l’enseignant comme flous, ou même
variant d’un locuteur à l’autre, d’une humeur à l’autre.
Et pourtant, ces marques sonores sont tout aussi codées que les MF. La difficulté de leur description tient bien sûr en partie à leur réalité, exclusivement acoustique, mais aussi à ce qu’elles sont à rattacher d’une part à la syntaxe - pour les SISy -, et d’autre part à la pragmatique - pour les Svoc à SIPr -.
Il serait donc utile que dans les unités pédagogiques soient programmées des activités et exercices qui permettent aux apprenants de pratiquer ne serait-ce que les SISy fondamentaux, de même qu’un certain nombre de SIPr très courants dans l’oral quotidien des locuteurs natifs.
Dans une perspective pédagogique, je présenterai quelques Svoc à SIPr, les principaux SISy, et les deux raisons principales pour lesquelles on ne peut en faire l’économie : a) à partir de quelques énoncés dépourvus partiellement ou totalement de hiérarchie morpho-syntaxique, nous verrons de quelle façon le SISy impose son organisation à la phrase ; b) à partir d’un énoncé ambigu, nous pourrons constater comment seule la présence du SIPr du Svoc permet l’interprétation du message, parce qu’il contient toute la partie du sens dénommée habituellement « implicite du discours », lequel est effectivement proféré, bien que non dit.
En dernière analyse, nous verrons que,
s’il est important de ne pas escamoter la prosodie en classe de langue,
l’excès inverse serait tout aussi dommageable. Quelques «
exercices intonatifs » de la méthode Archipel me serviront
à cet égard de modèles à rebours : on y voit
foisonner les dénominations vagues ou ambiguës, la multiplication
sauvage des SIPr, ou le regroupement sous un seul intitulé d’énoncés
relevant de schémas intonatifs différents.
Une sélection stricte et raisonnée
des Svoc à SIPr et des SISy est donc à faire impérativement
avant de présenter aux apprenants cette partie de l’oral communicatif.
1/ cf. Rossi (M.) et al. : L’intonation. De l’acoustique
à la sémantique, éd. Klincksieck, 1981, 325 p.
schémas intonatifs syntaxiques, désormais
: SISy
2/ marques formelles, désormais : MF
3/ signes vocaux, désormais : SVoc
4/ cf. Rittaud-Hutinet (C.) : La Phonopragmatique,
éd. Peter Lang, 1995, 301 p.
5/ schéma intonatif pragmatique, désormais
: SIPr
| Création:
8.10.99
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