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Qu’est-ce qui est acquis en milieu naturel par des apprenants formels
? Etude des effets d’un séjour en France sur la maîtrise du
système temporel en français L2
Abstract
Notre étude est une tentative pour caractériser les conséquences
d’une période d’immersion sur la capacité langagière
des apprenants qui ont appris le français essentiellement dans un
contexte institutionnel.
Des études qui ont examiné cette question ont signalé
des apports notamment sur la performance orale générale (le
débit et la fluidité, Towell et al 1996) et sur la capacité
sociolinguistique (p.ex. l’omission de ne Dewaele & Regan, à
paraître). Pour les deux phénomènes, l’instruction
formelle semble insuffisante pour atteindre un usage ‘natif’. Or, l’impact
d’un séjour en milieu naturel est moins étudié en
ce qui concerne l’acquisition d’une certaine catégorie grammaticale,
comme le temps. Selon Freed (1995), l’apprenant ne fait pas, en général,
beaucoup de progrès au niveau structurel après un séjour
d’immersion.
Dans cette étude, nous nous pencherons sur cette question,
en comparant la maîtrise de la temporalité chez quelques étudiants
suédophones, enregistrés à trois occasions : avant,
immédiatement après, et six mois après un séjour
en France. Les données proviennent d’un groupe de futurs professeurs
de français du corpus InterFra de l’université de Stockholm
(Bartning 1997).
Plus précisément, nous nous interrogerons sur la
morphologie temporelle du passé et son rapport avec, d’une part
le lexique verbal et avec la capacité temporo-discursive d’autre
part. Ces apprenants font un usage productif de l’imparfait et du passé
composé déjà avant le séjour en France. Quelle
est la répartition entre les deux temps et la variation lexicale
avant et après le séjour ? L’imparfait et le passé
composé sont-ils utilisés avec un plus grand éventail
des verbes différents après le séjour, et, si oui,
quel est le sémantisme (le mode d’action) de ces verbes ?
L’automatisation des connaissances linguistiques est censée
être l’apport le plus important de l’immersion selon des recherhces
antérieures. Nous nous demandons si on peut la discerner dans les
relations temporelles exprimées dans le discours. Les apprenants
ont-ils acquis une plus grande autonomie discursive après le séjour,
de sorte qu’ils puissent manier plus librement plusieurs points temporels
dans la même séquence textuelle, ce qui indiquerait une capacité
de traitement accrue ? Les questions sont examinées à la
lumière de l’effet immédiat et l’effet à long terme
du séjour à l’étranger.
Bartning, I. 1997 « L’apprenant dit avancé et son acquisition
d’une langue étrangère. Tour d’horizon et esquisse d’une
caractérisation de la variété avancée ».
AILE 9, p. 9-50.
Dewaele, J-M. & Regan, V. 1994. « Maîtriser la norme
socio-linguistique en interlangue française : le cas de l’omission
variable de « ne ». A Paraître dans Journal of French
Language Studies.
Freed, B. 1995. (éd.) Second Language Acquisition in a Study
Abroad Context Amsterdam/Philadelphia : John Benjamins.
Towell, R., Hawkins, R. & Bazergui N. 1996. « The development
of fluency in advanced learners of French ». Applied Linguistics
17:1, pp. 84-119.
| Création:
8.10.99
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