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Les représentations restrictives de la révision et
du brouillon
Abstract
Lorsqu’ils sont appelés à produire un texte écrit
en français de quelque type que ce soit, nos étudiants (étudiants
algériens inscrits en 1ère année de licence de français
langue étrangère) prennent la plume et, comme si tout était
donné d’avance, écrivent sur brouillon, le plus souvent d’un
seul jet, un texte dont ils semblent se satisfaire et qu’ils recopient
presque tel quel au propre. Leur écriture ressemble à un
processus linéaire où l’une des opérations cognitives
majeures, en l’occurrence la lecture (Hayes 95) est pour le moins insuffisamment
contrôlée et maîtrisée.
Une observation des brouillons de nos étudiants, à la
lumière des travaux de l’ITEM et de ceux de C.Fabre (87), révèle
des modifications rares (suppressions et ajouts principalement) souvent
inefficaces opérées en cours ou en fin de processus rédactionnel.
Ces modifications lorsqu’elles interviennent affectent essentiellement
les marques de surface (orthographe lexicale , orthographe grammaticale…).
Nous posons comme hypothèse –et c’est là une des
hypothèses d’une recherche doctorale actuellement en cours- que
leur représentation restrictive voire négative de la révision
et du brouillon constitue une entrave à l’amélioration de
leur écrit. Aussi avons-nous choisi d’interroger ce public sur ses
pratiques rédactionnelles et révisionnelles, et ce par le
biais d’un questionnaire administré à l’ensemble de ces étudiants.
Comment rédigent-ils au brouillon ? Ont-ils des préférences
dans le matériel utilisé (stylo ou crayon, cahier ou feuilles
volantes, gomme ou correcteur…) ? A quel moment révisent-ils (en
fin de phrase ou groupes de phrases, en fin de paragraphe, en fin de texte)
? Font-ils beaucoup de corrections ? De quel ordre ? Quel temps mettent-ils
pour réviser un texte d’une moyenne de deux pages ? Le brouillon
est-il nécessaire ?…
Les réponses à toutes les questions sont analysées
afin de mettre sur pied une intervention didactique dont l’objectif est
de tenter une transformation des représentations issues somme- toute
, du système scolaire. Il s’agit alors d’amener nos étudiants
à devenir les premiers « lecteurs-correcteurs » efficaces
de leur produit , convaincue que nous sommes que la prise en compte de
la dimension socio-culturelle (représentations, valeurs) peut participer
au développement de la compétence rédactionnelle.
| Création:
8.10.99
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