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Surdité, feinte, répétition tautologique, correction
explicite : quand, comment est traitée l’erreur en classe
de langue ?
Abstract
L’enseignant de langue étrangère, et surtout le jeune
enseignant, peut trouver inconfortable ce rôle d’évaluateur
et de correcteur qu’il est amené à jouer, d’abord parce que
les apprenants attendent de lui une évaluation, une ratification
ou une invalidation de leurs hypothèses interlinguales et
parce que les évaluations certificatives le réclament.
Mais l’enseignant doit aussi, dans le choix du comment traiter l’erreur
et du moment où il peut le faire, être cohérent avec
une approche communicative et constructiviste de l’enseignement / apprentissage
des langues et avec la consigne et les objectifs de la tâche demandée
à l’apprenant.
Ces différents paramètres à prendre en compte
rendent délicat le traitement des formes erronées dans les
productions orales, d’où parfois des comportements « correctifs
» hétérogènes dans ces « mouvements de
reprise du dire » (F. Cicurel, 1996), où la langue prime sur
le discours, où les buts communicatifs sont momentanément
suspendus au profit d’un travail sur le code, où les niveaux métalinguistiques
et communicationnels tendent à être confondus (P. Bange, 1992).
Par ailleurs, d’un point de vue plus psycholinguistique, l’enseignant
court aussi le risque d’inhiber l’apprenant ou de renforcer un sentiment
d’insécurité linguistique.
L’activité d’évaluation doit donc être cohérente,
d’une part, avec l’approche constructiviste où l’erreur est une
prise de risque valorisée et « facilitée » par
les pratiques de l’enseignant qui encourage l’apprenant à accepter
sans anxiété ses tâtonnements (à être
un candidat-apprenant), donne du sens aux erreurs (« la pédagogie
de la faute » de A. Lamy, 1976), les transforme en séquence
potentiellement acquisitionnelle (De Pietro, Matthey et Py 1989), les analyse
pour saisir les caractéristiques de l’interlangue et aider
l’apprenant à reconstruire ses hypothèses.
D’autre part, ce traitement de l’erreur doit être cohérent
avec l’approche communicative qui ne se limite pas à prendre en
compte le code.
L’enseignant est ainsi amener, dans ses activités d’évaluation,
à gérer équitablement les trois pôles indissociables
du processus d’acquisition : le système de l’interlangue,
la norme et la tâche (B. Py, 1993).
Dans notre intervention, nous décrirons, à travers un
corpus d’interactions recueillies en classe, les différents traitements
de l’erreur en fonction des paramètres rapidement esquissés.
Notre objectif étant, à terme, d’envisager une modélisation
du traitement de l’erreur cohérente avec une méthode communicative
et avec une approche constructiviste et qui serait propice au développement
chez l’apprenant d’un savoir-faire cognitif et valoriserait une stratégie
de « prise de risque » (stratégie d’apprentissage positive
pour Rubin (1975), O’Malley et Chamot (1990).
| Création:
8.10.99
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